Précisons que ce qui suit n'est ni un soutien déguisé aux récupérations politiques de cette tragédie, ni forcément une adhésion complète à la ligne éditoriale de Charlie Hebdo. Je n'ai plus ouvert ce journal depuis longtemps, et j'en ai toujours été un lecteur irrégulier. Cet éloignement s'est renforcé avec Philippe Val aux manettes, et avec son détournement progressif du vieux fond anar potachique originel en un codex de la provoc' suggérant que ceux qui sont mal dans leurs pompes identitairement, socialement, intellectuellement ou politiquement, sont quand même et indistinctement de sacrés cons dont on peut se foutre de la poire sans états d'âme. Au delà de cet aspect, l'humour de Charlie Hebdo n'est pas celui que je préfère, trop franco-franchouillard et "prout-bite-couille" à mon goût. Ceci dit, je me marrais bien lorsque je tombais occasionnellement sur un numéro, et le journal savait proposer de très bons articles et enquêtes, sans parler du trait incisif et de l'esprit de synthèse des illustrateurs qui y officiaient, dont certains, comme Cabu, m'ont accompagné dès mon adolescence boutonneuse, Duduche incarnant alors un double fréquentable.
Voilà pour les mises aux points, mais que l'on soit Charlie, pas Charlie, charlatan ou, comme moi, Checkpoint Charlie, on regardera avec curiosité le reportage de 1994 de l'émission d'Arte "Transit" que je poste ci-dessous, revenant sur la rencontre entre l'équipe de Charlie Hebdo et celle du "Feral Tribune", le magazine satirique de Split en Croatie, goutte d'eau d'esprit critique et de déconnade dans un océan de nationalisme, de conformisme et de guerre qui grondait à 10-20 km de là.






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